Le travail de l'antenne se déploie sur trois fronts indissociables : la collecte des témoignages, la restauration des embarcations, et la transmission auprès de la jeunesse du territoire.
Le travail de l'antenne de Blaye se déploie sur trois fronts indissociables. D'abord, la collecte : aller chercher la mémoire là où elle se trouve, c'est-à-dire chez des hommes et des femmes âgés qui ont navigué sur la Gironde, pêché l'esturgeon et la lamproie, transporté le vin de Bordeaux jusqu'à Royan et au-delà, et qui n'ont pour la plupart jamais été sollicités pour raconter leur vie professionnelle. Ce premier geste — frapper à la porte, écouter, poser les bonnes questions — est le plus fondateur de tous.
Ensuite, la restauration : nos bénévoles remettent en état des embarcations qui seraient autrement condamnées à disparaître, reconstituant des gestes et des techniques que nos archives nous permettent de documenter avec une précision inégalée. Enfin, la transmission : expositions, interventions scolaires, fêtes maritimes et publications — autant d'occasions de rendre publique une mémoire qui appartient à tout le territoire girondin.
Ce qui distingue notre approche, c'est le soin apporté à la relation avec les anciens. Nous ne venons pas enregistrer des témoins de manière distante et clinique : nous venons rendre visite à des personnes dont le vécu mérite d'être recueilli avec respect et sans précipitation. Beaucoup de ceux que nous avons rencontrés au fil des années nous ont confié que ces entretiens avaient compté pour eux autant que pour nous — une occasion rare de raconter une vie de travail à quelqu'un qui voulait vraiment comprendre. C'est cette réciprocité qui donne à notre projet son sens le plus profond.
Enregistrement, transcription et archivage des témoignages des marins et pêcheurs retraités de l'estuaire.
Chaque année, notre équipe de collecteurs bénévoles mène entre douze et vingt entretiens approfondis auprès d'anciens acteurs de la vie maritime girondine. Les entretiens, conduits à domicile ou dans notre local, sont enregistrés en audio et en vidéo, puis intégralement transcrits. Les archives ainsi constituées — plus de 340 heures à ce jour — sont déposées à la médiathèque de Blaye et signalées dans les catalogues des Archives départementales de la Gironde, librement consultables par les chercheurs, les familles et le grand public.
Remise en état, à l'identique et avec des techniques traditionnelles, des embarcations typiques de l'estuaire de la Gironde.
Notre atelier, ouvert le samedi matin toute l'année, accueille une quinzaine de bénévoles autour de la restauration de filadières, toues et gabarres. Nous utilisons exclusivement des essences de bois et des techniques documentées dans nos archives — calfatage au goudron végétal, gréement en coton, quillards en chêne de pays — afin que chaque embarcation soit à la fois historiquement fidèle et une démonstration vivante du savoir-faire des charpentiers de marine blayais.
Interventions en milieu scolaire et séances de rencontre directe entre élèves et anciens du fleuve.
En partenariat avec l'Éducation nationale, nous intervenons chaque année dans six à huit classes de l'agglomération de Blaye, du CM2 à la troisième. Les séances combinent un temps de présentation documentaire et une rencontre avec un ancien marin ou pêcheur invité à témoigner. Les élèves préparent leurs questions en amont et rédigent un compte rendu intégré à nos archives publiques. Depuis 2003, plus de 2 400 jeunes de Blaye et de ses environs ont participé à ce programme.
Création et itinérance d'expositions sur la pêche à l'esturgeon et la navigation estuarienne, accessibles à tous.
L'antenne produit régulièrement des expositions photographiques et documentaires présentées dans la citadelle, à la médiathèque ou lors des fêtes maritimes. Notre exposition permanente « L'estuaire des hommes », inaugurée en 2018, retrace en quarante panneaux l'histoire de la pêche à l'esturgeon depuis le XIXe siècle jusqu'à l'arrêt de la pêche commerciale en 1982. Elle a été accueillie dans onze communes et visitée par plus de 8 000 personnes.